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~ Vendredi, novembre 4 ~
Permalien

La forge et le façonnage à la main


Le terme forge désigne un façonnage à chaud des métaux dérivés du fer. Les métaux précieux, tel que l’or, l’argent et le platine, sont travaillés à froid après une chauffe, le recuit, qui permet de les attendrir.

On parle alors de mise en forme, procédé que l’on assimile malgré tout à la forge par confort de langage.

Pour des raisons pratiques, le billet portant sur la fonte à cire perdue sera diffusé le mois prochain, aussi cet article aura-t-il pour objet de présenter les principales techniques utilisées dans la création d’un bijou forgé.

Tout commence avec le métal brut, sous forme de grenaille, chute, pièce, qu’il faudra faire fondre. Le galet, ou lingotin, ainsi obtenu, est alors laminé, ou tréfilé, c’est à dire qu’il est écrasé entre deux rouleaux d’aciers, pour devenir une plaque ou un fil, que l’on appellera un apprêt.

Une fois l’apprêtage terminé, il faudra alors déterminer la quantité de métal nécessaire à la création. Si c’est un fil, on coupe à la bonne longueur. Lorsqu’il s’agit d’une plaque, on délimite, à l’aide d’un compas ou d’une pointe à tracer, la surface qu’il faudra détourer au bocfil, ou porte scie.

Après la découpe vient la mise en forme. Afin d’éviter les pertes de matière, on va alors tenter de s’approcher au mieux du volume final du bijou. Tous les moyens sont bons pour plier le métal à sa volonté, et les bijoutiers ont toujours rivalisé d’ingéniosité dans ce domaine : torsion à la pince, martelage, emboutissage dans un dé ou au plomb…

Le métal va durcir sous l’effet des contraintes qu’on lui imposera, et un recuit sera alors nécessaire pour continuer à travailler.

Le bijou sortira de la forge oxydé et marqué par les coups de pinces et de marteau. C’est le début d’un travail de sculpture : à l’échoppe, si nécessaire, puis à la lime, le bijoutier affinera les reliefs, donnera à l’ouvrage sa forme définitive.

Il n’y a plus alors qu’à reprendre le tout : gommes abrasives, papier emeri, cabrons et mouches feront disparaitre les dernières rayures avant le polissage. Brossée par de gros rouleaux de coton, la surface mate du bijou va s’user jusqu’à gagner tout son éclat.

Soigneusement nettoyé, c’est un objet déjà chargé d’un peu d’histoire, et de beaucoup de personnalité, qui attendra alors, dans son écrin, son nouveau propriétaire.

A bientôt !

Sébastien


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